11/12/2009
Parti Breton, UDB : la vaine concurrence
Sur le terrain de l'autonomisme, l'Union Démocratique Bretonne apparaissait comme le choix le plus modéré depuis une dizaine d'années, forte de son succès aux élections régionales de 2004, où sa liste d'alliance avec les Verts avait obtenu 9,83% des suffrages avant de fusionner avec la liste socialiste. Cette position semblait être confortée par le pied de nez fait aux socialistes lors des élections européennes de juin 2009 : Europe Écologie s'était payée le luxe de passer devant le PS en Bretagne (17,9% contre 17,7%). Bilan consensuel de la majorité de Jean-Yves Le Drian, accentuation de la centralisation de la France sous l'impulsion du gouvernement UMP, forte implantation : peu de nuages à l'horizon politique de l'UDB.
Oui mais...

Voilà qu'un nouveau parti s'est mis en tête de devenir l'équivalent breton du SNP écossais, du Plaid Cymru gallois et du PNV basque : le Parti Breton. Fondé en 2001, il gagne depuis quelques années en importance - tant au niveau médiatique que militant - et présente sa propre liste aux dernières élections européennes, obtenant une moyenne de 2,45% des suffrages sur les cinq départements bretons. Oscillant entre centrisme et sociale-démocratie - à l'instar du MoDem avec lequel il a noué localement des alliances aux municipales de 2008 -, prônant un fédéralisme européen, le jeune parti a tout pour marcher sur les plates-bandes de l'UDB.
Dernier exemple en date : alors que les élections régionales auraient pues être abordées sereinement, la première des polémiques "régionalistes" a éclaté il y a moins d'une semaine à l'annonce d'une liste Parti Breton - divers gauche emmenée par Christian Troadec, le turbulent maire de Carhaix qu'on ne présente plus. Le vice-président UDB du conseil régional, Christian Guyonvarc'h, a alors déclenché les hostilités dans un communiqué en brandissant le sacro-saint clivage gauche-droite. Rappel maladroit de certaines situations locales de responsables du Parti Breton, conclusion insidieuse (Ces alliances à droite du Parti breton, C. Troadec, qui se dit toujours de gauche, ne peut les méconnaître. Refuser de choisir entre la droite et la gauche, voire tenir des discours de gauche tout en menant des politiques de droite, c'est nourrir la confusion comme il sied à Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas notre voie. Les Bretons ont besoin de choix clairs.) : l'intéressé ne s'y est d'ailleurs pas trompé dans sa réponse, plus raisonnable et teintée d'une certaine ironie (Je ne crois pas [que Christian Guyonvarc'h] soit d'ailleurs habilité à délivrer des certificats…Je ne comprends pas qu'il s'en prenne ainsi à celles et ceux qui prônent une Bretagne forte. A la veille des fêtes de fin d'année, je lui conseille de prendre un peu de repos. La campagne sera longue…).
En quoi ce premier round est-il défavorable à l'UDB et révélateur des changements politiques à venir ?
Sur le plan tactique, l'attaque sur les alliances politiques locales est généralement peu efficace alors que les clivages gauche/droite ont tendance à disparaître au niveau municipal et qu'on assiste à une redéfinition générale de ces notions, en Bretagne, en France et en Europe, notamment par la prise en compte de la relation entre l'Homme et son environnement et de ses gigantesques conséquences. La revendication d'un ancrage "fermé" à gauche de l'UDB est assez paradoxale au sens où ce parti a soutenu Europe Écologie, dont le succès a été en partie dû à ce dépassement des idéologies du XXème siècle.
Sur le plan politique, le bilan également de plus de s'alourdir. En effet, les citoyens bretons attendent-ils vraiment de leurs partis politiques qu'ils s'entre-déchirent dans des jeux purement politiciens ? Alors qu'on présente souvent la Bretagne comme une "terre de consensus", les défis régionaux ne manquent pourtant pas et manquer les occasions qui se présentent à nous pour des motifs électoraux serait absurde... à trop vouloir défendre son territoire, l'UDB risque de passer pour un parti sectaire alors que beaucoup pointent la nécessité d'un régionalisme fort, que ce soit pour empêcher le PS de se reposer sur ses lauriers (réunification, culture, formation professionnelle, aménagement du territoire etc.) que pour bâtir un véritable contre-pouvoir au jacobinisme des "élites" parisiennes. De même, le Parti Breton n'est pas non plus exempt de critiques : sachant très bien profiter des fenêtres de tir offertes par l'alliance entre l'UDB et un PS plein de contradictions (en exploitant avec une certaine mauvaise foi certains votes, par exemple), il est également responsable de cette nouvelle division.
Sans aller jusqu'à envisager une fusion, il serait peut-être temps de vérifier le fameux proverbe "l'union fait la force". Plutôt que de s'acharner à coller de vieilles étiquettes sur le front diabolique de l'adversaire, pourquoi ne pas en revenir aux fondamentaux de la politique, au sens grec du terme ? On le répète souvent, et il faut impérativement agir en ce sens : ne nous en tenons pas à la forme et vivent les débats de fond !
Au-delà des prochaines échéances électorales, le Parti Breton et l'UDB devront un jour ou l'autre se parler et faire le bilan de leurs (nombreux) points de convergence et de divergence. Et vous, citoyens, électeurs ou non de ces partis, qu'attendez-vous pour le faire ?




Commentaires
Dans le monde postmoderne, toutes les formes politiques héritées de la modernité deviennent obsolètes.
La vie politique ne se résume plus à la concurrence des partis. Le modèle « léniniste », dans lequel les partis cherchaient à arriver au pouvoir pour appliquer leur programme, est largement périmé, car la marge de manœuvre des gouvernements, qu'ils soient nationaux ou régionaux, se réduit un peu plus tous les jours. Les États-nations perdent à la fois leur centralité et leur légitimité.
Leur centralité parce qu'ils sont désormais trop grands pour répondre aux attentes quotidiennes des gens, mais en même temps trop petits pour faire face au déploiement planétaire des problématiques et des contraintes.
Leur légitimité parce que, les creusets
institutionnels d'intégration sur lesquels ils s'appuyaient autrefois (l'école, l'armée, les
syndicats, les partis, etc.) étant tous entrés en crise les uns après les autres, ils ne
sont plus producteurs de social.
Le lien social se reconstitue dès lors à l'écart des autorités administratives et des institutions surplombantes. La globalisation entraîne un divorce entre le sens et le signe, qui se traduit par une désymbolisation généralisée de la vie politique. La crise de la représentation, la montée de l'abstention dans les consultations électorales, la floraison des populismes et des
nouveaux mouvements sociaux, sont encore d'autres symptômes caractéristiques de
cette évolution.
Si nous assistons simultanément à la fin des Etats-nations au profit des communautés et des continents, à la fin des organisations de masse au profit des réseaux, à la fin du modèle de l'explosion/révolution au profit de celui de l'implosion/dispersion, à la fin des logiques territoriales au profit des logiques transnationales, à la fin de l'individualisme solitaire au profit de l'intersubjectivité des groupes, on ne peut pas dire que les Bretons aient encore bien compris les enjeux de ces transformations profondes.
Arc-boutés sur des modèles du passé, les yeux rivés sur le rétroviseur de l'histoire, l'Emsav tente encore de nous faire croire qu'ils ont compris le sens des cinquante dernières années.
Il fut un temps où ce qui était supposé menacer l’ordre social et les traditions civilisatrices de la culture occidentale, c’était la révolte des masses. De nos jours, cependant, il semble bien que la principale menace provienne non des masses, mais de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie, et notamment à la tête des partis politiques et des services publics en général.
Ainsi s'élargit jour après jour, la faille profonde et qui va en s’élargissant entre le monde politique et les membres plus humbles de la société qui redoutent désormais de voter pour des bureaucrates dépourvus de tout sentiment d’identité ou d’appartenance nationale.
Le monde globalisé, aujourd'hui, est avant tout un monde de réseaux. Ces réseaux associent
des individus en fonction de leurs affinités, de leurs opinions ou de leurs centres
d'intérêt, sans qu'entre en ligne de compte leur plus ou moins grande proximité
territoriale. Leur grande caractéristique — qui les distingue des autres organisations
— est qu'il n'ont ni centre ni périphérie : tout point d'un réseau est à la fois central et
périphérique. Les réseaux sont aujourd'hui de toutes sortes : réseaux politiques, industriels et
financiers, réseaux d'information, réseaux criminels, réseaux terroristes, etc. Leur
mode de fonctionnement est essentiellement celui de la délocalisation.
Ces quelques considérations suffisent à comprendre combien il serait vain de
chercher à identifier un « chef d'orchestre » de la politique bretonne de l'Emsav.
Dans la mesure où elle consiste essentiellement en une multiplication de réseaux, la vie politique bretonne n'a ni centre ni opérateur ou poste de commandement central. La puissance bretonne fonctionne selon la logique propre aux Celtes: modèle horizontal, et non pas vertical, « cybernétique » et non pas actionné ou
commandé à distance.
La cause du développement de la Bretagne tient dans sa seule existence.
Claude Guillemain
Breizh 2004
Réseau des Bretons de l'Etranger
Écrit par : Arzhur | 12/12/2009
L'UDB montre une certaine limite avec cette alliance du parti Breton et de Christian Troadec. En effet, ce mouvement a voulu être LE mouvement pour la Bretagne et a donc décidé d'écraser tous les autres. C'est dommage car nous avons besoin aujourd'hui de rassemblement en faveur de notre région.
J'ai lu l'attaque de l'UDB vis-à-vis du Parti Breton (à voir sur l'agence bretagne presse) et je l'ai trouvé ridicule.
J'ai eu l'occasion de discuter avec des membres d'autres mouvements pour la Bretagne comme l'Alliance Fédéraliste Bretonne (AFB), ce mouvement comme le Parti Breton considère que l'UB les voit comme des ennemis.
Pour preuve, l'UDB a refusé que ces mouvements rejoignent "Régions et Peuples Solidaires" et Europe Ecologie afin de garder le "monopole" du mouvement pro-breton.
Écrit par : David Guillerm | 12/12/2009
@ Arzhur
Cette analyse très pertinente de Claude Guillemain pointe effectivement d'autant plus l'absurdité d'une confiscation de la revendication bretonne par une seule entité politique. Cela dit, j'ai quelques doutes sur la survivance d'un pseudo-modèle horizontal celte : la puissance des réseaux est loin d'être propre à la Bretagne, qui plus est dans le cadre de la dernière mondialisation.
@ David Guillerm
Vous vous présentez sur votre site comme le vice-président des Jeunes Démocrates de Bretagne, soit la branche jeune du MoDem en Bretagne administrative. En tant que responsable politique, comment envisagez-vous l'avenir régional de votre parti ? Pourrait-il participer à cette convergence que vous semblez appeler aussi de vos voeux ?
Et, tant qu'à faire, une question subsidiaire : quand le MoDem de Loire-Atlantique rejoindra-t-il officiellement la coordination régionale bretonne ? Le frein est-il parisien ou militant ?
Écrit par : L'Hermine | 12/12/2009
La rassemblement doit se faire avec toutes les personnes de bonne volonté et cela sur la base d'un projet commun. Personnellement, je défend la régionalisation dans le cadre d'un développement européen fort. La Bretagne a un patrimoine à valoriser et à développer.
Par exemple, nous ne sommes pas dans le cadre d'une guerre breton-français. En Bretagne, les deux langues doivent pouvoir coexister pacifiquement comme cela se fait en Espagne. Aujourd'hui, nous devons redonner toute sa place à la langue bretonne pour que les deux langues puissent vivre au même niveau et sereinement.
A l'heure actuelle, beaucoup d'enjeux sont préoccupants pour la Bretagne: la disparition de la langue bretonne, un modèle économique en difficulté, des problèmes environnementaux...
Je pense que nous devons avoir la capacité de nous rassembler autours de ces grandes questions pour tirer tous dans le même sens car c'est notre avenir qui est dans la balance. C'est ce que nous nous attachons à faire au sein du Mouvement Démocrate où nous construisons pour l'heure un grand rassemblement dans le cadre des Régionales pour l'avenir de la Bretagne.
Ce rassemblement se fera autour de nos valeurs et d'un projet commun.
Écrit par : David Guillerm | 13/12/2009
Vous avez donc choisi de ne pas répondre à la question subsidiaire ;-)
Vous dites ne pas être dans le cadre d'une guerre breton-français : est-ce que ce vous reprocheriez à d'autres partis ? Non pas que ce soit injustifié, il y a très probablement une surenchère dans la lutte contre l'État français afin de mieux se présenter comme "le" défenseur de la Bretagne. La question est plutôt : où placer le curseur de la responsabilité ?
Un bémol toutefois, l'exemple de l'Espagne - qui fera prochainement l'objet d'une note - n'est guère probant pour illustrer une cohabitation pacifique. Rappelons que la Catalogne est au bord de l'indépendance et qu'on ne peut y travailler ou étudier - au regard de la loi ! - sans parler catalan, ce qui provoque de nombreuses polémiques au-delà des Pyrénées. L'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande seraient à ce titre des modèles plus intéressants.
Enfin, j'attends avec impatience de connaître la teneur de ce "grand rassemblement" : tous les partis (ou presque) ayant annoncé leur stratégie pour les régionales 2010, une bonne surprise serait d'y retrouver des personnes issues de la société civile, comme on dit...
Écrit par : L'Hermine | 13/12/2009
Merci pour les exemples plus probants, j'avais effectivement oublié que la question Catalogne était fragile en ce moment!
Effectivement, pour la question subsidiaire, j'ai oublié! En ce qui concerne la Loire Atlantique, Le Président departemental des Jeunes 44 fait parti de la structure régionale des Jeunes Démocrates de Bretagne. Pour le reste, le modem 44 doit être invité à nos prochains comités régionaux.
Le soucis aujourd'hui c'est qu'un flou a été cultivé et que des militants modem 44 ne sont pas forcément pour se rapprochement. La question doit être tranchée et j'espère qu'elle le sera rapidement. En Bretagne nous sommes pour la réunification, il faut donc une logique.
Je crois que l'idée de réunification fait son chemin dans un cadre global de refonte des régions françaises car la peur des autres départements et de se voir déposséder de leur poumon économique. Nous discutons beaucoup avec bretagne Réunie sur ces sujets.
J'attends moi-même beaucoup de ce rassemblement!
Écrit par : David Guillerm | 13/12/2009
Le problème de l'UDB comme celui des Verts, c'est leur sectarisme. Tous deux se présentent sur une liste soi-disant "Europe écologie", en fait toutes leurs têtes de listes sont des Verts et deux sortants UDB. Mais ils prétendent interdire à d'autres qu'eux-mêmes de représenter les régionalistes ou les écologistes.
La liste Troadec PB est bien plus proche des réalités bretonnes, autant institutionnelles qu'environnementales. Parce que ceux qui en font partie se coltinent chaque jour sur le terrain la disparition des services publics ou les aberrations administratives causées par une gestion centralisée à l'extrême.
L'idéal pour la Bretagne serait une liste PB-Troadec-Modem-Cohn-Bendit (Gaby)
Est-ce encore possible ? Entre la droite et la gauche nationales, et face au sectarisme Verts-UDB, ce serait la liste de la démocratie durable et décentralisatrice. Elle répondrait à tous les critères du développement soutenable de l'agenda 21.
Écrit par : ChristineB | 13/12/2009
Le probème des têtes de liste est vaste mais ca ne me choque pas que ca soit des personnes de parti car c'est un gros engagement. D'ailleurs, les têtes de liste de Troadec sont des élus.
Il y a effectivement quelque chose à construire entre la droite ump et la gauche PS. Un rassemblement des Etats majors semblent difficilement envisageable mais peut être qu'il aura lieu. En tout cas, ce que je peux affirmer, c'est que les tendances dont tu parles Parti Breton, Troadec, MoDem et Ecolo seront présentes et représentées sur la liste du rassemblement que nous construisons.
Écrit par : David Guillerm | 14/12/2009
J'ai dit et écrit un peu partout que les partis politiques bretons étaient des clowns se produisant dans un cirque qui n'est nul autre que la Bretagne.
Il y a la tribune présidentielle et, à sa droite, celle de la "région pdL".
Le représentant breton n'est ni à la droite de la "région", ni à gauche de la présidentielle, mais à leurs pieds!
Tout le monde se gausse de voir ces clowns qui parlent sur un sujet commun (la réunification). La tribune "pdL" se dit: "heureusement qu'ils ne sont pas d'accord, car on ne rigolerait plus. Et pourvu qu'ils ne se mettent jamais d'accord!"
Voilà, brièvement exprimée, à quoi ressemble cette vaine concurrence.
Il faut à tout prix qu'ils cessent de faire rire les autres. Qu'ils tombent masques et maquillages, se serrent les coudes pour réussir la réunification, et une fois cela fait, qu'ils reprennent le combat s'ils le veulent, car, pour le moment, ils agissent comme les partis politiques français, se foutant éperdument des Bretons de Loire-Atlantique, car ils sont bien établis dans la B4 administrative (c'est ce que je ressens)!
Et je voudrais bien savoir quel est le travail effectué de leur part pour convaincre les Bretons anti réunification des bienfait de la réunification?
Écrit par : Yannig | 27/12/2009
Pourquoi un rassemblement avec les Verts ?!
Afin désespérer une existence au sein de la vie politique française...
Messieurs, vous vous êtes trompé de combat !!!
Vous avez oubliés, ou vous avez "planqués" les vrais idées de l'UDB !!!
Vous avez trahis la Bretagne...
Je n'ai jamais voté UDB et je ne le ferais jamais...
Le Partit Breton, lui au moins à de l'avenir, vous pas !!!
Écrit par : Goulven | 02/06/2010
"Le Partit Breton, lui au moins à de l'avenir, vous pas"
Le Parti Breton est fondé sur de nombreuses contradictions tant idéologiques que stratégiques. Son alliance avec Troadec a laissé des traces et des haines au sein de parti et avec les ex alliés de "nous te ferons bretagne". Le premier problème est que le Parti Breton est indépendantiste tout en étant pro Européen sans bien évidemment dire que l'indépendance conduit à la sortie de l'Europe. Deuxième problème idéologique, le glissement de la droite vers la gauche qui trouble les militants de la première heure. Troisième point les slogans "pas d'alliance avec les parti français" contradictoires avec les faits puisque le PB s'allie abec le MoDem et l'Alliance Ecologiste. Pour moi le Parti Breton n'a pas plus d'avenir que les errements idéologiques de l'UDB des années 70. D'ailleurs le communiqués absurdes et anti-français de E. Granville ont depuis quelques mois disparus. Un signe de l'abandon progressif de la ligne nationaliste?
Écrit par : François | 09/02/2011
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