26/12/2009

Quand la République ne veut pas de la Bretagne

Je tiens cette anecdote d'un jeune ami breton de passage à Paris, en qui j'ai suffisamment confiance pour ne pas douter de la véracité des propos reportés ci-dessous.

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J'étais dimanche dernier à Paris : en attendant de nouvelles informations de la part d'Eurostar, un ami m'a proposé de me faire visiter la capitale française. Nous nous sommes entre autres rendus devant l'Assemblée Nationale, où j'ai tenu à faire une photo avec le drapeau breton que j'avais apporté, à la fois parce que cela m'amuse d'en faire quand je vais à l'étranger et par goût de la - gentille - provocation. Le coin grouillait évidemment de policiers : l'un d'entre eux, installé dans un camion, nous a fait signe de partir vite fait, tandis qu'un autre plus engageant s'est approché de nous. Je retranscris le dialogue sans le biaiser d'aucune manière, c'est assez savoureux.

[Lui] Alors m'sieur, j'ai cru reconnaître l'drapeau de la Bretagne là ?
[Moi] Oui, bonjour.

[Lui] Vous devriez pas rester là m'sieur !
[Moi] Pourquoi, je n'ai pas le droit de faire une photo avec le drapeau d'une des régions françaises ?
[Lui] Et pourquoi vous n'prendriez pas un drapeau tricolore, hein m'sieur ?
[Moi] Attendez, c'est pas le drapeau d'Al Quaïda ou d'un truc terroriste, c'est le drapeau breton !
[Lui] Devriez pas rester là.

[Moi, souriant] Mais alors, vous voulez dire que la République française et la Bretagne ne sont pas compatibles, si les deux symboles ne peuvent pas être pris ensemble ? Vous êtes indépendantiste ?
[Lui] Mon collègue va se fâcher, là-bas.
[Moi] Ah ? Vous pourriez me citer l'article de loi qui dit qu'on ne peut pas prendre de photo avec un drapeau régional dans un lieu public ?
[Lui, s'esclaffant] Oula ! Vous devez être étudiant en droit, m'sieur.

Pressés et ayant de quoi nous faire une idée juste de l'intelligence de la police parisienne, nous sommes partis sur ces mots.

 

main-autocollant44.jpgCertes, la semaine avait été dure pour les forces de l'ordre en charge de la protection de l'Assemblée nationale, entre les incidents Greenpeace et Olivier Besancenot ; certes, la police nationale n'est pas réputée pour le quotient intellectuel de ses agents. Pourtant, un tel fait n'est-il pas révélateur de la méfiance voire de la négation des réalités régionales de la part du pouvoir parisien ? En effet, rien ne justifiait l'intervention de la police : non seulement le trottoir devant l'Assemblée nationale est un lieu public, mais le Gwenn Ha Du est-il tout sauf un drapeau politique. Il flotte devant les bâtiments du conseil régional de Bretagne administrative, ceux des cinq conseils généraux et de ceux de centaines de communes, est imprimé sur des milliers de produits commerciaux, sans parler des nombreuses manifestations culturelles et sportives (20 000 drapeaux au Stade de France en mai dernier !).

Encore une fois, la République française s'est trompée de chemin : en persistant dans l'uniformisation, elle se prive d'une richesse incroyable et menace son existence à moyen et long terme. De toutes les démocraties occidentales, il n'y a que la France pour donner un tel spectacle et on ne peut que le regretter, qu'on soit indépendantiste, autonomiste, régionaliste, fédéraliste, républicain, démocrate... ou citoyen tout simplement.

Un jour de plus en terre jacobine !

NB : ayant encore trop de lacunes en la matière, je recherche un ou plusieurs volontaires bretonnant(e)s qui auraient le temps et l'envie de traduire les articles publiés sur ce blog. Me contacter à an_erminig@hotmail.fr

11/12/2009

Parti Breton, UDB : la vaine concurrence

507456033.jpgSur le terrain de l'autonomisme, l'Union Démocratique Bretonne apparaissait comme le choix le plus modéré depuis une dizaine d'années, forte de son succès aux élections régionales de 2004, où sa liste d'alliance avec les Verts avait obtenu 9,83% des suffrages avant de fusionner avec la liste socialiste. Cette position semblait être confortée par le pied de nez fait aux socialistes lors des élections européennes de juin 2009 : Europe Écologie s'était payée le luxe de passer devant le PS en Bretagne (17,9% contre 17,7%). Bilan consensuel de la majorité de Jean-Yves Le Drian, accentuation de la centralisation de la France sous l'impulsion du gouvernement UMP, forte implantation : peu de nuages à l'horizon politique de l'UDB.

 

Oui mais...

 

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Voilà qu'un nouveau parti s'est mis en tête de devenir l'équivalent breton du SNP écossais, du Plaid Cymru gallois et du PNV basque : le Parti Breton. Fondé en 2001, il gagne depuis quelques années en importance - tant au niveau médiatique que militant - et présente sa propre liste aux dernières élections européennes, obtenant une moyenne de 2,45% des suffrages sur les cinq départements bretons. Oscillant entre centrisme et sociale-démocratie - à l'instar du MoDem avec lequel il a noué localement des alliances aux municipales de 2008 -, prônant un fédéralisme européen, le jeune parti a tout pour marcher sur les plates-bandes de l'UDB.

Orage.jpgDernier exemple en date : alors que les élections régionales auraient pues être abordées sereinement, la première des polémiques "régionalistes" a éclaté il y a moins d'une semaine à l'annonce d'une liste Parti Breton - divers gauche emmenée par Christian Troadec, le turbulent maire de Carhaix qu'on ne présente plus. Le vice-président UDB du conseil régional, Christian Guyonvarc'h, a alors déclenché les hostilités dans un communiqué en brandissant le sacro-saint clivage gauche-droite. Rappel maladroit de certaines situations locales de responsables du Parti Breton, conclusion insidieuse (Ces alliances à droite du Parti breton, C. Troadec, qui se dit toujours de gauche, ne peut les méconnaître. Refuser de choisir entre la droite et la gauche, voire tenir des discours de gauche tout en menant des politiques de droite, c'est nourrir la confusion comme il sied à Nicolas Sarkozy. Ce n'est pas notre voie. Les Bretons ont besoin de choix clairs.) : l'intéressé ne s'y est d'ailleurs pas trompé dans sa réponse, plus raisonnable et teintée d'une certaine ironie (Je ne crois pas [que Christian Guyonvarc'h] soit d'ailleurs habilité à délivrer des certificats…Je ne comprends pas qu'il s'en prenne ainsi à celles et ceux qui prônent une Bretagne forte. A la veille des fêtes de fin d'année, je lui conseille de prendre un peu de repos. La campagne sera longue…).

 

En quoi ce premier round est-il défavorable à l'UDB et révélateur des changements politiques à venir ?

Sur le plan tactique, l'attaque sur les alliances politiques locales est généralement peu efficace alors que les clivages gauche/droite ont tendance à disparaître au niveau municipal et qu'on assiste à une redéfinition générale de ces notions, en Bretagne, en France et en Europe, notamment par la prise en compte de la relation entre l'Homme et son environnement et de ses gigantesques conséquences. La revendication d'un ancrage "fermé" à gauche de l'UDB est assez paradoxale au sens où ce parti a soutenu Europe Écologie, dont le succès a été en partie dû à ce dépassement des idéologies du XXème siècle.

Sur le plan politique, le bilan également de plus de s'alourdir. En effet, les citoyens bretons attendent-ils vraiment de leurs partis politiques qu'ils s'entre-déchirent dans des jeux purement politiciens ? Alors qu'on présente souvent la Bretagne comme une "terre de consensus", les défis régionaux ne manquent pourtant pas et manquer les occasions qui se présentent à nous pour des motifs électoraux serait absurde... à trop vouloir défendre son territoire, l'UDB risque de passer pour un parti sectaire alors que beaucoup pointent la nécessité d'un régionalisme fort, que ce soit pour empêcher le PS de se reposer sur ses lauriers (réunification, culture, formation professionnelle, aménagement du territoire etc.) que pour bâtir un véritable contre-pouvoir au jacobinisme des "élites" parisiennes. De même, le Parti Breton n'est pas non plus exempt de critiques : sachant très bien profiter des fenêtres de tir offertes par l'alliance entre l'UDB et un PS plein de contradictions (en exploitant avec une certaine mauvaise foi certains votes, par exemple), il est également responsable de cette nouvelle division.

Sans aller jusqu'à envisager une fusion, il serait peut-être temps de vérifier le fameux proverbe "l'union fait la force". Plutôt que de s'acharner à coller de vieilles étiquettes sur le front diabolique de l'adversaire, pourquoi ne pas en revenir aux fondamentaux de la politique, au sens grec du terme ? On le répète souvent, et il faut impérativement agir en ce sens : ne nous en tenons pas à la forme et vivent les débats de fond !

Au-delà des prochaines échéances électorales, le Parti Breton et l'UDB devront un jour ou l'autre se parler et faire le bilan de leurs (nombreux) points de convergence et de divergence. Et vous, citoyens, électeurs ou non de ces partis, qu'attendez-vous pour le faire ?

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29/11/2009

Régionales 2010 - quels enjeux ?

A quinze semaines des élections régionales de 2010, il convient de nous pencher dès aujourd'hui sur les problématiques spécifiques à la Bretagne. Trois parties pour cela : rappel institutionnel, forces politiques en présence et sujets qui seront - ou devraient être - au coeur de la campagne électorale.

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Élections régionales, kézako ?

Dimanche 14 mars 2010, tous ceux qui le peuvent et le veulent - et on peut espérer qu'ils seront nombreux - iront voter pour le renouvellement de leur conseil régional. Au terme de ce scrutin de liste à deux tours, une majorité est nécessairement dégagée.

Pour être candidate, une liste doit présenter plusieurs dizaines de noms répartis sur des listes départementales. Au-dessus de 10% des suffrages, elle peut se maintenir directement au second tour ; entre 5 et 10%, elle peut fusionner avec une liste à plus de 10% ; en-dessous de 5%, elle ne participe pas au second tour. Un seuil de 3% doit par ailleurs être atteint pour pouvoir être remboursé par l'État des frais de campagne.

Au terme du second tour, la liste ayant recueilli le plus de suffrages est déclarée vainqueure et se voit attribuer une prime majoritaire de 25%. Les postes de conseillers régionaux - 83 pour la Bretagne administrative, 35 pour la Loire-Atlantique sur 93 que compte les Pays de la Loire© - sont répartis de manière proportionnelle entre les listes, puis entre les départements au sein de celles-ci.

Élus pour 6 ans, les conseillers régionaux bretons, à l'instar des autres conseillers régionaux français (les régions d'outre-mer et la Corse étant des cas à part) ont dans le cadre de la décentralisation compétence en matière de formation, transports, développement économique, aménagement du territoire, culture, sport, environnement... voir le site du Conseil régional de Bretagne administrative pour plus d'informations.

Pourtant, le contenu des précédentes lignes risque d'être remanié en 2014, date hypothétique de l'entrée en vigueur de la réforme des collectivités territoriales entreprise par le gouvernement UMP. Si la piste d'une réduction du nombre de régions (et donc la possibilité d'une réunification de la Bretagne) peut avoir été envisagée, si le regroupement des conseillers régionaux et des conseillers généraux sous l'appellation "conseillers territoriaux" n'est pas idiot en soi, elle conduira en revanche à une régression démocratique par l'instauration d'un scrutin uninominal majoritaire à un tour. De fait, la liste arrivée en tête au premier tour remportera nécessairement l'élection, qu'elle soit minoritaire contre toutes les autres ou non (l'UMP en tant que parti quasi "unique" de la droite face à une opposition plus diverse étant donc outrageusement favorisée). Si cette réforme est votée en l'état par le Parlement - elle est controversée pour ce dernier aspect et pour bien d'autres - , les conseillers régionaux élus en 2010 ne siègeraient donc que quatre ans ; par ailleurs, il est à noter que le budget régional serait réduit par la perte de sa relative autonomie fiscale (suppression de la taxe professionnelle donc dotation de l'État à la région) et par les conséquences de la crise financière.

 

Une majorité pour la Bretagne...

 

En Bretagne administrative

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Fort de son bilan consensuel, Jean-Yves le Drian compte bien garder la région dans le giron du parti socialiste. Pour cela, il pourra sans doute compter sur le soutien dès le 1er tour d'une partie des écologistes rassemblés sous la bannière de Bretagne Écologie. Côté gauche radicale, le PCF hésite à rejoindre le Parti de Gauche, qui souhaiterait lui une grande union incluant le NPA, les Alternatifs et Lutte Ouvrière. Les indépendantistes d'Emgann - rebaptisé "Breizhistance" - partiront seuls ; Christian Troadec devrait aussi conduire sa propre liste.

Seule incertitude majeure à gauche : le score de l'alliance Europe Écologie - UDB, qui avait réussi à devancer le PS aux élections européennes. L'exploit pourrait d'autant plus être renouvelé que ce rassemblement concernera également Cap21, le mouvement de Corinne Lepage qui semble s'éloigner de plus en plus du MoDem. L'alliance, emmenée par Guy Hascoët, a d'ors et déjà annoncé qu'elle fusionnerait avec la liste socialiste au 2d tour.

Au centre, le Mouvement Démocrate joue la carte de la sécurité en reconduisant le maire de Saint-Brieuc, Bruno Joncour. Il devra faire avec les restes du centre-droit : en effet, le groupuscule Alliance centriste est encore ouvert aux propositions d'alliance et pourrait partir seul au 1er tour faute de réponses. Plus dangereux, le Parti breton compte bien se tailler une bonne place dans la politique bretonne, d'autant plus qu'il a été rejoint par l'Alliance Écologiste Indépendante d'Antoine Waechter.

A droite, le Nouveau centre reste phagocyté par l'UMP : son chef de file, Loïck Le Brun fera campagne aux côtés de Bernadette Malgorn, tête de liste de la majorité présidentielle après de multiples rebondissements et l'écartement par l'Élysée de Jacques Le Guen, candidat pourtant choisi par les militants du parti.

Enfin, n'ayant de toute façon pas grand-chose à perdre dans une région généralement modérée, le FN a investi Jean-Paul Félix comme tête de liste pour la Bretagne administrative.

 

En Loire-Atlantique

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Les partis implantés sur l'intégralité du territoire français présenteront évidemment des candidats aux élections régionales des Pays de la Loire©, mais aucun ne le fera - pour l'instant - dans une optique "bretonne" au sens où serait publiquement affirmé le caractère breton du département. En investissant à nouveau Jacques Auxiette, le PS national se désaissit encore une fois de la question (on se rappellera des propos très insultants de M. Auxiette à l'encontre de la Bretagne).

Seul le Parti Breton a pour le moment indiqué qu'il présenterait une liste autonome en Loire-Atlantique.

NB : certains partis ne sont pas représentés dans les lignes ci-dessus, non pas en raison d'une discrimination de ma part du fait de leur caractère "minoritaire" mais du manque d'information à leur sujet. N'hésitez donc pas à me tenir informé !

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... pour quel projet ?


S'il est encore trop tôt pour examiner les mesures proposées par les partis en présence, on peut cependant s'intéresser aux thématiques qui concernent particulièrement la Bretagne :

 

- Réunification : la situation n'a guère évolué depuis la précédente note du 10/07, si ce n'est la timide prise de position de Bernadette Malgorn en contradiction avec ses propos ultérieurs (campagne oblige...)

- Agriculture : la critique est aisée mais l'art est difficile. Les problèmes agricoles sont nombreux : entre les algues vertes (dont la persistance est tantôt attribuée aux paysans, à la région ou à l'État, cette dernière hypothèse étant la plus plausible), la réforme de la PAC, la faiblesse des cours mondiaux et l'appauvrissement progressif des sols, il est impossible d'élaborer un programme qui puisse satisfaire tout le monde sur tous les plans. Introduisons donc un peu de courage en politique : sans nier qu'il ait été partie intégrante du développement économique de la Bretagne, le modèle productiviste basé sur l'exportation massive n'est-il pas dépassé ? En effet, pour satisfaire à la fois les exigences économiques, sociales, et écologiques, dans la région et dans le reste du monde (n'oublions pas que l'agriculture européenne fortement subventionnée contribue à ruiner les économies des pays dits du "Sud" et à affamer leurs populations), il n'y a pas une infinité de choix possibles. Être compétitif dans le cadre de la mondialisation requiert au moins une de ces deux conditions : une forte concentration des exploitations et/ou des subventions à l'exportation. Le temps étant à la réduction de ces dernières, il nous faut alors reconsidérer nos débouchés agricoles si nous tenons à ne pas faire de la Bretagne une seconde Beauce : les paysans ne sont en effet pas seulement les garants d'un certain tissu social, mais aussi de ce fameux "aménagement du territoire" dont dépend directement le charme et la santé écologique de la région.

Qu'attendons-nous alors pour jeter les bases d'une nouvelle révolution agricole ? Des structures associatives comme les AMAP, sont probablement les précurseurs d'une véritable économie viable : des mesures d'encouragement de la région associées à la traditionnelle solidarité bretonne pourraient éliminer nombre d'intermédiaires et réduire considérablement la pression, tant sur les paysans que les consommateurs (prix, contrainte écologique etc.). Ce retour du global au local ne devrait évidemment pas être associé à une quelconque forme de protectionnisme lié au nationalisme ; à ce titre, n'hésitez pas à aller consulter une page Wikipédia fort instructive concernant le localisme.

- Pêche : raisonnement similaire.

- Énergie : la Bretagne administrative ne produit aujourd'hui que de 5 à 7% de l'énergie qu'elle consomme, le département de Loire-Atlantique est lui aussi déficitaire. Cela nous vaut régulièrement des coupures (cet hiver s'annonçant particulièrement chargé en la matière). Plus grave : cette électricité provient principalement de centrales à combustible fossile, et malgré les discours en faveur des "économies d'énergie", on observe une hausse de la demande. La construction de nouvelles centrales nucléaires est généralement très contestée en France : elle l'a été avec succès en Bretagne en 1980 après les manifestations monstres de Plogoff, et l'état du site nucléaire de Brennilis n'est pas plus encourageant. La logique voudrait donc que la Bretagne se positionne fortement sur le secteur des énergies renouvelables.

Pour cela, elle a au moins deux atouts qui pourraient compenser son relatif isolement géographique. Le premier est évident, c'est la mer : éoliennes off-shore et hydroliennes sont encore insuffisamment développées alors qu'elles représentent un potentiel gigantesque. Le deuxième, c'est sa forêt. Ou plutôt, son potentiel forestier : 13% seulement du territoire breton est forestier, ce qui est relativement faible par rapport à d'autres régions même si le nombre d'hectares augmente chaque année. Principale difficulté à surmonter, le fort morcellement des propriétés : le bois existant pourrait être bien mieux utilisé (combien de paysans ne brûlent-ils pas leurs branches en plein champ, faute d'organisme à qui les donner ou les vendre !). Certains territoires seraient même susceptibles d'être boisés : les futures "forêts urbaines" Nantes métropole pourrait ainsi être un exemple à suivre (elles améliorent également le confort de vie), mais il faut voir plus grand. De l'ambition, que diable !

- Transports : outre le fait dommageable qu'un Rennes-Paris sera bientôt plus court qu'un Rennes-Nantes avec le LGV, la faiblesse du réseau ferré en centre Bretagne n'est pas pour rien dans sa désertification. Si de plus en plus de personnes souhaitent réduire leur impact écologique en laissant la voiture au garage (que ce soit pour travailler ou pour partir en vacances), l'offre est très limitée. Ainsi en témoignent les cartes ci-dessous : la première est l'état du réseau ferré breton au début du XXème siècle, les deux suivantes indiquent l'emplacement des lignes actuelles de TER.

 

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NB : une prochaine note sera dédiée au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes qui, s'il ne sera vraisemblablement pas abordé lors de la campagne électorale, le mériterait pourtant.

- Langue bretonne : le breton se meurt malgré les efforts épars des associations. Une plus grande revendication au niveau national comme au niveau européen (où le jacobinisme a moins cours) serait susceptible d'enrayer cette tendance en Basse-Bretagne, alors que la quasi-disparition du gallo en Haute-Bretagne semble malheureusement établie.

- Écologie etc. : elle n'est pas considérée ici comme extérieure aux autres sujets qui sont perméables (recoupement avec l'agriculture, les transports, l'énergie...), à tort ou à raison.

Certes, leur importance est relative du fait du peu de pouvoir du fait du centralisme de l'État français, et d'une manière plus générale du fait du recul du politique devant les problèmes qui lui font face ; pourtant, les élections régionales de 2010 constitueront bel et bien une occasion de construire la Bretagne du XXIème siècle, une région moderne, durable, acceptant son passé, heureuse de son présent et sereine quant à son futur !